Dans la majorité de son œuvre, Morgan McConnell préfère laisser l’observateur choisir le sens de ses images. Il aime voir les autres interpréter ses créations de flot de conscience. Le Nid, toutefois, avait une signification précise dès la conception.
Le Nid illustre un corbeau perché sur un arbre presque dénudé, qui tient un ruban rouge dans son bec, flottant au vent vers la seule pousse de feuilles d’une branche éloignée. Il s’en dégage un mouvement du chaos, de la confusion et de l’obscurité vers l’ouverture, la clarté et la simplicité de la nouvelle pousse.
Comme l’explique Morgan : « Depuis les années 1990, le VIH a perdu de son importance aux yeux de bien des Canadiens. De maladie mortelle, il est passé à maladie traitable, et pour bon nombre, c’est quelque chose avec quoi on peut aisément vivre. Ce nouveau visage du VIH fait qu’il semble moins mortel pour la société. »
Morgan ajoute : « Mais pour ceux qui vivent avec le virus, le VIH n’est pas oublié. Les gens contractent encore la maladie et en meurent, au Canada. Le faux sentiment que le VIH est traitable a mené des gens au pays, dont des jeunes, à s’infecter à un taux toujours croissant. »
Dans Le Nid, le corbeau voit la beauté de ce qui a été rejeté. Représentant la génération d’expérience plus âgée, il reprend ce ruban et s’en sert pour créer un nid de savoir, de recherche et d’éducation pour donner à la génération suivante une chance de vivre sans le virus.
Comme le décrit Morgan : « La connaissance et la compréhension du VIH doivent se répandre et nous éloigner du fouillis stérile de la désinformation, de l’incompréhension et de l’intolérance. Mais pour que cet arbre atteigne la maturité, nous devons le nourrir, le protéger et l’aimer. »
La Marche action sida Banque Scotia a choisi cette œuvre en partie parce qu’elle représente le travail accompli par les organismes de lutte contre le sida du Canada : servir et soutenir les personnes vivant avec le VIH/sida et les autres qui en sont affectées, et sensibiliser les gens de tout le pays au VIH/sida.
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